• Juliette Matha

Angelo Foley, un artiste à l’écoute des autres


Réalisateur musical, diplômé de médecine chinoise et psychothérapeute, Angelo est aussi le créateur du podcast « Balance ta peur ». Portrait d’un homme qui a décidé d’accepter ses peurs et de se lancer.




Un parcours atypique entre musique, communication et psychologie


Depuis son plus jeune âge, Angelo a baigné dans un milieu artistique. En effet, fils d’une danseuse et petit-fils d’un chorégraphe, il commence dès ses cinq ans la musique. C’est donc tout naturellement qu’il a suivi des études dans ce domaine dans différentes écoles pendant 5 ans. En parallèle de ses études, il était aussi membre d’un groupe de musique où Angelo participait notamment à la conception des affiches. C’est à ce moment-là qu’il s’est découvert un goût pour le graphisme. Il a alors commencé une formation dans la communication et a ensuite trouvé un emploi de concepteur-rédacteur. Après trois ans d'exercice, lassé de placer son énergie et son temps dans quelque chose qui manquait de sens pour lui, il a tout plaqué pour être stagiaire dans un label qu’il appréciait particulièrement. Il commence donc par des tâches basiques comme référencer des titres sur Itunes. Mais grâce à sa formation en communication, il convainc le label de l’utilité de celle-ci et s’en sert comme tremplin pour ensuite accéder au poste de Directeur de la Création Musicale.

Par ailleurs, après être lui-même allé chez un psy, il commence une formation en psychologie, en énergétique et en coaching. Il est ensuite réengagé dans son ancien label, qu’il quittera un an plus tard. De son côté, il commence aussi à produire de la musique. Il débute en réalisant l’EP Nuit 17 à 52 par Christine and the Queens qui a lancé sa carrière et a par la suite signé chez Sony en tant que réalisateur et compositeur. Il débute ensuite son activité en tant que psychothérapeute, où il reçoit d’abord principalement des artistes, puis étend son activité au grand public.



Et après?


Dans le podcast Contreplaqués, Angelo évoque son parcours professionnel et déclare que « Même si à 25 ans tu fais un choix d’études, il y a un moment donné si tu trouves vraiment ta voie ce que tu as appris à ce moment-là va te servir. » Il évoque ensuite le lien entre son parcours et son podcast « Balance ta peur », créée en 2018. « C’est parce que j’ai fait des études de concepteur-rédacteur qu’aujourd’hui “Balance ta peur est bien, parce que c’est bien écrit (…) parce que j’arrive à synthétiser des trucs super complexes en psycho en quelques phrases, parfois en une phrase. Si je n’avais pas été concepteur-rédacteur, je n’aurais pas su comment donner une orientation à un compte Instagram. Si je n’avais pas fait des études de musique, je n’aurai pas eu l’idée de composer un morceau à chaque épisode (…). Il y a un endroit où toutes les parties de toi se réunissent et c’est exactement ça ta voie. Pour ça il n’y a pas de formation (…) prédéfinie, parce que chaque personne est unique.

Il explique aussi que « Le travail est juste, quand c’est une façon d’exprimer qui tu es. Tu trouves une forme à travers laquelle ta facette de curieuse, ta facette de créative (…) et ta facette de passionnée d’Histoire de France par exemple peuvent s’exprimer. »

« Ta vulnérabilité est ta force »


C’est avec cette phrase que débute le podcast d’Angelo . Mais pourquoi la vulnérabilité serait une force ? Pour lui, « la vulnérabilité est l’opposé de la faiblesse. Faire l’expérience de la vulnérabilité c’est avoir le courage de ressentir ses émotions et de les exprimer. On est en contact avec notre vulnérabilité lorsqu’on retire nos masques sociaux et que l’on donne à l’autre accès à notre propre vérité. C’est un acte de courage que d’ouvrir ses portes à l’autre et un espace d’empathie et de lien qui permet des relations authentiques » Si la vulnérabilité permet d’avoir des relations plus authentiques, le monde actuel ne lui laisse pas encore la place qu’elle mérite. Pour Angelo, « Notre société est fondée sur le rendement, la productivité et l’image. Il me semble que cela fait beaucoup de frein à l’expression de nos émotions et de notre vérité. Notre société génère énormément de peurs dont celle de ne pas être une bonne personne aux yeux de celle-ci, de ne pas être adapté ou suffisamment aimable ou intéressante. Mais ce n’est pas à la société de changer, mais à chacun d’entre nous de nous autoriser notre vulnérabilité. Et ça demande de dépasser nos peurs. »



Laisser la peur derrière soi ?



« Je ne dirais pas qu’il faut laisser la peur derrière soi pour se lancer mais apprendre à faire avec. Cela me paraît une tâche complexe et qui n’a pas de sens que de chercher à ne plus avoir peur. On rentre encore dans l’injonction qu’il faut tout faire bien et que seules les émotions positives ont leur place. Faire avec la peur permet de les dépasser. On ne la traverse pas si on cherche à l’éviter. C’est ok d’avoir peur et de se lancer avec tout ce qu’on est.

J’ai dépassé la peur de ne pas plaire ce qui me permet de m’affirmer dans ma vérité quitte à ne pas être approuvé par l’autre. Ça peut se manifester dans toutes les relations, comme le domaine professionnel où j’ai pu avoir peur de demander une augmentation ou même carrément de quitter mon poste alors qu’il ne me plaisait plus par exemple. D’un autre côté, j’ai des appréhensions quant à ma paternité mais mon désir d’avoir des enfants est plus fort. »



Ralentir


« Ralentir, finalement, aujourd’hui dans notre société effrénée ça veut dire retrouver un rythme normal, naturel, en connexion avec nos véritables besoins, avec la nature et ses cycles. Aujourd’hui, vu l’accélération de la productivité, ralentir ça veut dire savoir s’arrêter, faire des pauses, prendre le temps d’observer sans agir, ne rien produire et probablement apprendre à s’ennuyer un peu plus. Le confinement nous a montré cela je trouve. »





Crédit photo:

Deuxième photo : Yasmine Bennis (instagram : yasbennis)