• Nolwenn Le Deuc

Anne Demarchi, reconversion vers une médecine douce

Anne a totalement changé de vie en 2015. Anciennement DRH pour de grandes entreprises, c’est grâce à la kinésiologie qu’elle a trouvé son bonheur. Burn-out, reconversion et épanouissement personnel... Comment en est-elle arrivée là aujourd’hui ?





Anne a été victime de la pression et de l’individualisme montant dans les entreprises où elle a travaillé. Elle entre directement dans la vie active à la fin de ses études. Diplômée d’un Master 2, elle commence sa carrière par une société en développement avec 20 salariés. L’entreprise prend en volume, et le stress qui va avec aussi. « Quand je voulais faire quelque chose pour les salariés, c’était : soit le patron qui n’était pas content, soit les syndicats, soit les salariés qui trouvaient que ce n’était pas suffisant. Donc c’est bon, au bout d’un moment ça use. »


Après avoir enchaîné dans diverses entreprises au poste de Directrice des Ressources Humaines, Anne s’est tournée vers ce qu’elle aimait : les risques psycho-sociaux. « J’ai attendu d’être au bord du burn-out pour comprendre que vraiment, il fallait que je trouve une autre solution. » Chose dite, chose faite : oui, mais pas sans conséquence. Il serait trop facile de dire que Anne est passée du poste de DRH à celui de kinésiologue. En réalité, il s’est passé un an pour qu’elle se remette sur les rails. « Je ne sais même pas ce qu’il s’est passé durant cette année. C’est comme un black-out. »


L’inconscient a une place importante dans la vie de Anne. « Tout ce qui ne s’exprime pas, s’imprime » est d’ailleurs une devise qui fait partie de son travail. Elle pense aux autres, à ceux qui n’ont pas la chance de se sortir de leurs situations avant le trop-plein d’émotion, avant le burn-out. « Moi, j’ai eu beaucoup de chance. Mon inconscient, étant seule avec ma fille, ne m’a pas laissé craquer complètement. J’ai eu de la chance. »


Nouveau boulot, nouvelle vie



À la suite de cette année de black-out, Anne s’est vue proposer de reprendre le poste de coach au sein du dispositif « 100 chances, 100 emplois », dont elle a contribué à la mise en place des années auparavant. Ce dispositif vise à mettre en relation des jeunes sans emplois et des entreprises, par le biais de formations. « On se dit toujours qu’on ne sait rien faire d’autre, mais ce n’est pas vrai. On sait toujours faire d’autres choses. La vie s’est finalement présentée très bien pour moi. »


En parallèle de ces formations qu’elle organise plusieurs fois dans l’année à travers la France, Anne a repris des études et est devenue kinésiologue.


Cette reconversion professionnelle s’est présentée à elle. Persuadée qu’une chose plus grande que l’Homme, propre à chacun, nous guide, Anne était dotée d’une mission. « Je me suis endormie un soir en disant à mes guides : « Bon, là, il va falloir me donner quelques choses à faire, une ligne directrice. Qu’est-ce que je vais faire dans ma vie aujourd’hui ? » Le lendemain matin, je me suis réveillée avec le mot kinésiologie en tête. Je ne l’avais jamais entendu. »


Cette prise de conscience est arrivée si soudainement que Anne s’est inscrite pour une formation de kinésiologue dès le lendemain. Une semaine plus tard, elle commençait ce qui allait marquer le début d’une nouvelle vie. Et puisque les signes se trouvent partout à qui veut les voir : Anne est née le 19 janvier, la formation commençait ce jour-là et l’école fêtait ses 20 ans à la même date.


Aujourd’hui, Anne habite loin du stress parisien qu’elle a côtoyé durant 35 ans. Elle retourne fréquemment en Seine-et-Marne pour des consultations de kinésiologie. Et cette formatrice continue de s’occuper des jeunes en recherche d’emplois. Le temps de sa vie de DRH semble bien loin. « Quand on est jeune, qu’on bosse beaucoup, on est pris dans un tourbillon. On ne se pose même plus la question de ce qui est bon pour soi. Parce qu’on a des choses à se prouver et le besoin de travailler comme des dingues… » Désormais, Anne vit à son rythme, bien consciente que le côté financier serait moins bien assuré. « Mais c’était une question de survie et j’ai priorisé ma qualité de vie. »


Le bien-être avant tout


La kinésiologie est devenue le quotidien de Anne, mais ça a surtout profondément changé sa façon de penser. Lors de sa reconversion, une chose primordiale a fait pencher la balance : « J’allais plus aider les gens à l’extérieur de l’entreprise, qu’à l’intérieur. » Et ce monde de l’entreprise, Anne le connaît très bien. Ce sont ses connaissances qui lui permettent d’adapter aux mieux ses soins et ses formations pour aider les autres à se sentir mieux dans la vie d’une entreprise.


Le bonheur et la gratitude : voilà un autre changement considérable. « Quand tu es DRH, les gens ne sont jamais contents. Alors que là, j’ai des gens qui sont tout sourire, qui m’adorent. » rigole-t-elle avant de poursuivre « Et qui me dise : « Grâce à vous, je vais bien », alors que ce n’est pas vrai. Ce n’est pas grâce à moi, c’est grâce à eux. Moi, je ne suis qu’un outil. »


« Quand vous venez en consultation : c’est comme si vous m’ameniez un bol d’eau chaude. Et moi, je ne fais que choisir le sachet de thé que je vais mettre dedans. » Cette belle métaphore représente son métier. Anne permet aux gens de souffler et de se débarrasser de leurs problèmes à l’extérieur du travail. Une entreprise qui roule est une entreprise remplie de salariés bien dans leurs baskets.


Anne Demarchi prouve à travers son expérience que l’on est plus qu’un travail. Rien est perdu : on peut se tromper et recommencer. Mais il ne faut pas attendre d’être au bord, prêt à tomber.




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