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Frédéric Forest, l’éveil des corps

Dessinateur et designer, Frédéric Forest est un artiste aux multiples facettes. Après une enfance paisible et enrichissante à Annecy, il part s’installer à Paris pour exercer et co-crée son studio "Forest et Giaconna". Échange avec l'artiste qui donne vie à des silhouettes du bout de son crayon.



Ses origines et son parcours, la naissance d’un artiste


Né à Annecy, Frédéric Forest grandit entouré de ses amis. Il passait, dit-il, son temps à faire “du skate, du ski, du snowboard et du dessin”. Le dessin est pour lui l'histoire de sa vie. Cela va au-delà d’une passion, il est le fil d’Arianne qui l’a toujours guidé. Il dit d’ailleurs “j'ai commencé à dessiner avant d'écrire. Je ne me suis pas arrêté là, j'adore ça. C'est une émotion vitale”.


Il choisit alors de mettre en avant sa passion du dessin dans ce qui l’anime et le challenge : faire de la conception de produits. Selon lui, il ne dessinait pas pour lui, mais “pour un projet, pour quelque chose de plus grand”. Après avoir été diplômé de l’ENSCI, voyagé en Italie et travaillé auprès de grandes marques de luxe; sa femme et lui ont donc fondé leur propre studio de design, Forest et Giaconna.


Au delà d'un simple loisir, le dessin est pour lui un moyen d’exprimer ses sentiments personnels et ses pensées. Il dit à propos du dessin “J'adore dessiner, et cela d'aussi loin que je m'en souvienne. Dessinez simplement et pensez à autre chose.” Instagram est sa galerie d’art, son moyen d'exposer ses dessins. "Instagram a fait évoluer mes dessins jusqu'à présent.” nous dit-il. L’art, pour Frédéric Forest, est la meilleure approche pour s'éveiller à de nouvelles choses, de nouveaux sentiments et de nouvelles sensations.


Entre lignes et courbes, naissance de créations minimalistes


Frédéric Forest n'a jamais fait une école d’art ou de dessin. C'est un autodidacte en tout point. Le dessin est pour lui un réel moyen d’évasion auquel il a recours de temps à autre. Chaque pièce créée n’est pas réfléchie, mais évolue au fil de ses pensées : “c’était sans sujet précis, sans attentes” nous dit-il. Ainsi, chaque dessin est une œuvre unique et originale.


Lorsque Frédéric saisit son crayon, un rituel quasi religieux se met en place. Pour créer ces dessins uniques, ce dernier s’isole de toute vie extérieure. “je dessinais quand tout le monde dormait, le smartphone était éteint, pas d’e-mail” explique t-il. C’est un réel moyen de se recentrer sur l’essentiel, sur soi. Chaque pièce, unique en son genre, respecte des codes précis, “ je le faisais simplement avec un stylo noir, fin, calligraphique, tout dépendait de l’humeur.” déclare t-il. Ce qui rend ses dessins particulièrement uniques, c’est sa marque de fabrique, sa patte d’artiste : les lignes et les formes. En effet, sa manière de dessiner lui est très personnelle. Il n’utilise pas de gomme et dessine comme s’il faisait du ski ou du skateboard, cherchant la ligne parfaite. Sa main n’est plus un membre mais une baguette magique, une extension de son crayon qui crée des lignes minimalistes et parfaites tout en retranscrivant de manière exquise le corps humain. “ Ma main est un filtre, elle a sa propre sensibilité. Je dois la contrôler et la laisser couler, danser, suivre son propre chemin."


Ainsi, les courbes et les lignes s’entremêlent pour libérer ces émotions particulières. L’excitation mais aussi le calme, l'atmosphère paisible. L’absence de couleur, les teintes monochromatiques se rejoignent au travers d’un feed Instagram harmonieux et résolument minimaliste qui met en avant des corps humains et des paysages. Pour lui, laisser parler ses émotions et ses sentiments est un “jeu permanent, pour trouver le bon équilibre entre contrôle et l’instinct pur”.



"Living for yourself" : la clé du bien-être


Nous vivons dans une société dans laquelle nous sommes tout le temps connectés. Téléphone à la main, ordinateur face à nous, nous passons nos journées rivés sur nos écrans. À ce sujet, l'artiste nous dit : “nous sommes tous devenus avec les réseaux sociaux et la vitesse de nos sociétés des FOMO (Fear Of Missing Out) perpétuellement stressés par des faits et des actions sans grande importance, ne plus avoir le temps de faire les choses essentielles pour soi, ne plus avoir le temps d’aller dans un magasin, de choisir ses aliments et de manger seulement par livraison.


Selon lui, l’esprit du slow living s’exprime de plusieurs manières. Tout d’abord en se déconnectant de notre téléphone pour “se rapprocher de ses proches, lire, marcher, aller voir une expo”. Se déconnecter du digital et du virtuel pour se reconnecter avec les choses simples de la vie serait la clé pour se sentir bien, apaisé. Deuxièmement, en s’aimant soi-même et en prenant du temps pour soi. D’ailleurs Frédéric Forest choisit de traduire slow living par “Living for yourself”. Ainsi, pour lui, s’écouter, s’éveiller aux choses simples de la vie et se connecter avec soi-même sont la traduction du bonheur.


Côté projets, Frédéric Forest travaille sur “un projet d'événement artistique qui devrait se dérouler en mai” nous confie t-il. Il y aussi “des nouveaux tirages avec la maison d’édition Grammatical” ainsi qu’un projet de magazine sur le dessins qui rassemble photographie, écriture ou encore une série de skateboard. Mais ce qui marque ce nouveau tournant de l’année 2021, pour l’artiste, c’est le choix de faire évoluer ses dessins et ses techniques. “Je me suis mis à peindre, à tenter de plus grands formats, et de trouver enfin une palette de couleurs qui me permet de poursuivre mon travail de lignes et de silhouettes que ce soit dans les corps que dans les paysages” déclare-t-il. À suivre de près cette année, donc.



Retrouvez le travail de Frédéric Forest sur son site, et celui de Forest & Giaconia