• Juliette Matha

Franca, la terre entre les mains


Connues pour leur page Instagram franca.atelier et pour la création des assiettes du restaurant marseillais La Mercerie, voici l’histoire et le travail de France et Caroline, deux passionnées de céramique.






Franca, l’histoire d’une amitié


Franca, c’est la contraction entre deux prénoms : France et Caroline. France, marseillaise d’origine corse, débute ses études supérieures par une formation en art plastique. Elle se tourne ensuite vers l’architecture pour finalement travailler dans la communication. Caroline, quant à elle, est originaire d’Ajaccio et travaille dans la communication et le marketing pour une marque automobile. Il y a 13 ans, elle s'installe à Marseille, et rencontre France quelques années plus tard, par le biais d’une amie. Toutes les deux très manuelles, leur amitié a rapidement été scellée par leur goût commun pour les mêmes activités. Elles ont imaginé par la suite quelques projets artistiques ensemble.



De la découverte de la céramique à la création de Franca



Grâce à un ami, elles ont commencé à prendre des cours de céramique avec la mère de celui-ci, qui s’avère être une céramiste très reconnue à Marseille : Maggy Champsaur. Après quelques mois de cours, suite à une commande d’assiettes, elles commencent à produire sous le nom de Franca. Cette activité qui était à l’origine un simple loisir afterwork, est devenue une véritable passion, qui a notamment poussée France à suivre un CAP décoration en céramique, à Aubagne. Après leur première commande, les deux céramistes ont souhaité trouver un lieu pour pouvoir exercer. C’est grâce au fiancé de France, qu'elles ont pu trouver leur atelier : une ancienne maison inhabitée, dans le quartier de Saint Just.



Ralentir par la céramique

Pour Caroline, la céramique est une façon de prendre une pause et de ne penser à rien. « Quand on sort d’une journée de boulot assez chargée, on peut être hyper tendue et énervée. Juste le fait d’arriver à l’atelier me détend, et commencer à mettre les mains dans la terre accentue cette sensation. " déclare t-elle. Ce qui les motive et ce qui les détend, c’est aussi la perspective du résultat. Ce n’est pas le résultat financier qui les intéresse, puisque les deux femmes ont continué leur activité professionnelle et disposent donc d’une certaine sécurité financière. Ce qui les intéresse réellement, ce sont les retours sur leur travail, surtout s'ils sont positifs. Récemment, elles ont réussi à créer une nouvelle pièce qu’elles ont nommées "Jules et Jim". Cette pièce, composées de deux vases liées, a été qualifiée par ces acheteurs de “véritable pièce d’Art” , ce qui les a rendues très fières de leur travail.






Ce genre de retour leur est d’autant plus utile, que le travail de la céramique est un processus très lent et semé d’embûches. En effet, après avoir créé une pièce, il faut attendre qu’elle sèche pendant au moins une semaine. Cependant, ce temps de séchage dépend de l’humidité et de la température, et peut s’élever jusqu’à 10 jours. La pièce est ensuite cuite pendant 24h au four. Il est essentiel que la pièce soit bien sèche au préalable, car sinon il y a des risques que la pièce explose ou se fissure. Après ce temps de cuisson, il faut ensuite émailler la pièce, c’est-à-dire la revêtir d’un vernis, en fonction de la finition souhaitée, et la remettre une dernière fois au four pendant 24 heures. France explique que si tout se passe bien pendant ces quatre étapes, c’est presque un miracle. En effet, Caroline ajoute que même les céramistes les plus expérimentées, font face à ce genre de soucis, qui sont parfois inexplicables.


Malgré les difficultés, France et Caroline consacrent à la céramique leurs soirées et leurs week-ends. “Finalement, quand on prend soin de la terre, on prend aussi soin de nous” nous confie Caroline.



Crédit photo : Nils Haagensen

Retrouvez France et Caroline sur leur compte Instagram