• Nolwenn Le Deuc

La poésie nouvelle génération

De Baudelaire à Victor Hugo, pour beaucoup, la poésie se limite à ces classiques. Avec l’arrivée des nouvelles technologies et des réseaux sociaux, ce style littéraire aussi a dû s’adapter à son époque. 


Un langage d’une autre époque et des rimes tordues, la poésie ne s’est pas toujours montrée très tendre en cours de français. L’école oblige les jeunes à acquérir une culture dans le domaine de la poésie mais ça ne signifie pas en comprendre le sens. Au fil des siècles, la poésie a évolué avec son temps.

Nous sommes bien loin des journaux vendus à la criée du XIXe siècle. Maintenant, presque tout passe par Instagram, et la poésie n’y a pas échappé. Déborah Garcia, Paul Lawton ou encore Pierre Lamour l’ont bien compris. Le réseau social sert souvent de vitrine à ces jeunes artistes et permet de les faire connaître plus rapidement. Simplicité, rapidité et liberté, découvrons la poésie d’aujourd’hui.



La poésie comme thérapie 


On dit souvent que les mots apaisent l’âme, et ce n’est pas Hélène Delanoy qui vous dira le contraire. Après de multiples périples de l’Australie jusqu’en Asie, c’est un « chemin de guérison » qu’elle a suivi grâce à la poésie. D’abord dans un cadre purement libérateur, elle noircit des carnets au fur et à mesure. « J’ai commencé la poésie pour guérir pleins de blessures, pleins de traumatismes. Et pour moi, la poésie m’a permis de me retrouver et de me découvrir. C’était instinctif, et au début une nécessité. » Aujourd’hui, cette poète a deux recueils de poème à son actif, Fluidité (2019) et Demain je serai le soleil (2019).

Si le format journal intime fonctionne bien, Hélène s’est vite tournée vers la poésie. « En fait, à un moment, je ne peux pas expliquer, mais des poèmes me sont venu comme ça. Tout en sachant que je ne me suis jamais intéressée à la poésie réellement. Mais c’est venu sous forme de poème pour m’aider, pour me guider et depuis, c’est vrai que j’en écris pas mal. J’écris même des livres. » plaisante-t-elle.


Déjà à l’époque de nos poètes les plus célèbres, la poésie était souvent le reflet de leurs sentiments. Le célèbre poème Demain, dès l’aube (1856) de Victor Hugo n’est autre que le cri de douleur d’un père face à la mort de sa fille. Aujourd’hui, écrire est un défouloir pour énormément de personnes grâce à son accès facile et personnel.



La poésie simplifiée


Simple ne veut pas dire plus facile. S’adresser au plus grand nombre d’entre nous, court et efficace peut parfois se transformer en casse-tête. Il semblerait que la difficulté fasse l’artiste. « Être poète, ce n’est pas juste quand j’écris un poème. C’est vraiment qui je suis, ma manière de ressentir les choses, ma manière de bouger même, de vivre, d’être. Ce que j’aime bien c’est que être poète, on ne le choisit pas, c’est dans notre âme. C’est plus fort que nous. » nous confie Hélène Delanoy.


Ce qui est bien avec les jeunes poètes, c’est que l’on parle le même langage. Le français d’un ancien temps ne nous torture plus à la première lecture. Les codes ce sont eux-mêmes modifiés avec le temps. Adieu les rimes. Bonjour les belles tournures. Bien que les trois types de rimes sont certainement la première chose que l’on apprend lorsqu’on est enfant, il semblerait qu’elles soient parties aux oubliettes. Les figures de style ont subi le même sort. 


« On n’y met moins les formes avec les figures de style, les métaphores et les mots qui vont dans tous les sens. Ça devient vraiment plus accessible à tout le monde. C’est universel, et c’est beau parce que c’est un langage du cœur et de l’âme au final. » explique Hélène Delanoy. Bien que la forme soit soignée d’une toute autre façon, le fond n’est pas si différent entre les deux époques. 


La poésie n’est pas un exercice. L’écriture doit se faire avant tout avec le cœur et ne doit pas être collé sur un autre artiste. « C’est d’abord d’être honnête avec soi, et après de le partager avec d’autres personnes qui vivent la même chose. Aujourd’hui, je trouve qu’il se passe quelque chose de plus fort que de la simple littérature. » raconte Hélène.




La poésie et les réseaux sociaux


Cette force dont nous parle Hélène se trouve aussi certainement dans les moyens de communication à la disposition des jeunes poètes. Vous imaginez Baudelaire retweetant le passage de l’un de ses poèmes suivi de hashtag ? Il faut vivre avec son temps. Et pour cette jeune génération, rien de mieux que le réseau social le plus utilisé par les jeunes de 16 à 25 ans, selon une enquête menée par Diplomeo.



Mais cet aspect présente aussi un inconvénient selon Hélène Delanoy. « On a de la chance, mais juste ce côté « derrière les rideaux », je le trouve frustrant quand tu es artiste. Parce que ça reste un portable, ça n’est pas palpable dans la vie. Il y a toujours ce décalage-là. Mais on a de la chance de se dire qu’avant les poètes incompris n’avaient pas la chance de faire lire leurs textes aussi facilement. »



Deux époques, deux façons d’écrire. Et c’est normal ! Chaque chose évolue avec son époque et c’est ce qui en fait la beauté. Il faut apprendre à vivre avec son temps et à apprécier les belles choses de la vie…




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