• Nolwenn Le Deuc

Naomi Greene : un parcours musical à travers le temps

Mis à jour : mai 28

De Los Angeles à Paris, la mélodie de la harpe résonne. La chanteuse Naomi Greene passe son temps entre les avions et la scène, des États-Unis à la France. 


La harpe et Naomi Greene, une histoire qui dure. C’est la volonté d’une petite fille de 7 ans qui l’a amenée là où elle en est aujourd’hui.

« Comme beaucoup d’enfant en France, mes copines commençaient à aller au conservatoire pour apprendre le violon, le piano, etc. Et donc moi, je voulais y aller avec mes copines. » explique-t-elle en rigolant. Coup de cœur. Naomi Greene choisit d’apprendre à jouer de la harpe.


Fille d’une peintre américaine et d’un ingénieur son français, Naomi Greene baigne dans le milieu artistique depuis toujours. Avec plus d’une corde à sa guitare, à l’âge de 12 ans, elle met de côté la harpe pour le rock. La chanteuse apprend la guitare en autodidacte et forme le groupe « Cat King », avec les membres du groupe actuel « Faire ». Mais ce n’est pas tout ! Naomi Greene a également joué dans la comédie dramatique française « Bus Palladium » de Christopher Thompson, où elle a interprété la B.O. du film. Alors que le nom de Naomi Greene prend de l’ampleur en France, elle décide de faire une pause et partir à New-York pour ses études.


Pour le bonheur de son public, c’est lors d’un séjour chez ses parents, en France, que Naomi Greene retrouve sa harpe celtique d’enfant. 


Instrument du passé 


L’histoire commence par un coup de cœur, et c’est toujours avec celui-ci que Naomi Greene joue. Libre dans sa musique, elle marche à l’intuition. « J’ai la chance de ne pas trop avoir été trop formatée. {…} J’ai appris la technique, mais je ne me suis pas enfermée dans un style ou dans une démarche. Même gamine, j’écrivais déjà des compositions, je me souviens, pour mes auditions. » confie la chanteuse. « Pour moi, c’était évident que j’allais chanter et m’accompagner de la harpe. J’essaie de jouer ce que j’entends, sans suivre des patterns de harpe. Je joue assez simplement, mais avec pas mal d’intuition et de mouvement dedans, pour que ça reste de la chanson, mais que la harpe ait de l’âme. »


Avec la passion, tout est possible. Et si tous connaissent la harpe, il est peu courant d’en entendre parmi les musiques actuelles. Mais comment (re)mettre au goût du jour un instrument classé ancien dans l’imaginaire collectif


« Souvent, les gens viennent me dire qu’ils avaient un a priori sur la harpe, qu’ils trouvaient ça gnian-gnian. Mais en fait, non, c’est un instrument tout autre. Il y a souvent des belles surprises comme ça. {…} La harpe, c’est comme une force douce : assez apaisante et en même temps enveloppante. J’utilise la harpe avec le cœur. J’essaie de faire une musique qui est bonne pour le cœur, et en même temps qui peut surprendre. »

Et pour combler son public, Naomi Greene joue sur deux continents différents.



Une tournée à travers le temps


Pas toujours évident de gérer le décalage horaire lorsque les allers-retours s’accumulent. C’est pourtant la vie que mène Naomi Greene depuis près d’un an et demi, avec la tournée qu’elle effectue au côté de Laurent Voulzy. « Je prends beaucoup l’avion. Je suis devenue assez forte en jet lag. J’ai mes petites techniques pour arriver à me renormaliser à chaque fois. Je prends du plaisir à voyager. {…} Au début, c’est crevant. Et au bout d’un moment ça devient normal, et presque énergisant de voyage tout le temps. » Mais ça a aussi ses avantages. Avec trois concerts par semaine en Europe, le reste du temps Naomi Greene a pu se ressourcer auprès de ses proches à Paris.


La rencontre entre les deux artistes ne pouvait pas mieux tomber. Alors que Laurent Voulzy cherchait une Jeanne d’Arc pour un potentiel projet, une tournée à travers les églises et les cathédrales lui a été proposée. Passionné de ce domaine, il a accepté, mais cela signifiait de ne pas partir avec tout son groupe. Naomi Greene chante, joue de la harpe et de la guitare, et peut effectuer des percussions en supplément. C’est accompagné de Michel Amsellemen et Naomi Greene que Laurent Voulzy s’est lancé dans l’aventure. « C’est magnifique d’avoir une acoustique naturelle pareille, une attention aussi particulière. Et puis d’être au côté de Laurent qui a fait de la scène toute sa vie, de le regarder faire. C’est une expérience vraiment unique et très belle, qui est enrichissante. »


Bien que l’environnement des cathédrales diffère des salles de spectacle, et donne parfois du fil à retordre aux artistes, le cadre pardonne ces fautes. « C’est un lieu qui n’est pas anodin. Il est chargé en histoire en générale et par ce que les gens y amènent depuis des centaines d’années. Les gens viennent célébrer l’amour, pleurer leurs morts, quand ils sont en détresse. {…} Tout le monde a une relation personnelle au lieu. Et ça, ce n’est pas forcément le cas avec une salle de spectacle. C’est une atmosphère très particulière, qui fait voyager dans le temps. C’est unique. »


Et quoi de plus unique que d’explorer le Mont-Saint-Michel, de nuit et seul (ou plutôt à trois) ? C’est la chance qu’ont eue les artistes. « C’était complètement dingue. Incroyable. »


Un spectacle hors du temps


Si cette escapade au Mont-Saint-Michel avait des allures du bout du monde, ce n’est pas la première fois que Naomi Greene se produisait dans un lieu magique. Déjà lors d’un concert à Mexico City, la chanteuse a eu cette chance. Le temps d’une soirée, le « Teatro Lucido » s’est transformé en bal masqué. « C’était une pièce de théâtre complètement barjo qui était sur scène, hors de scène, sur des balançoires. {…} C’était complètement un monde à part, complétement fou. Et le théâtre est magique. Ma performance, là-bas, est vraiment quelque chose dont je me souviendrai. » assure-t-elle. 


Mais ce n’est pas tout. Si l’image que nous nous faisons d’un concert est représentée par une foule dans une fosse et une scène, il arrive parfois qu’il se transforme en véritable spectacle. « Je jouais dans un énorme carré de verre avec des tissus de 40 m de long rouge, qui s’étiraient des arbres jusqu’à moi. Et il y avait trois danseuses, dont Nina McNeely qui est juste incroyable, qui ont dansé avec moi au début. C’était complètement magique. On était illuminé surtout à la bougie. On était comme ça à côté d’un lac, dans un jardin avec une scénographie complètement enchantée. » raconte-t-elle sur une performance qui s’est déroulée à Los Angeles et mise en scène par son amie Briana Gonzales. 



Mais assez parlé du passé ! Comment Naomi Greene voit-elle l’avenir ? La harpiste met son temps, durant cette période de confinement, au profit de la préparation de son première album. « Je bosse beaucoup dans la musique, mais en même temps, je suis novice. Je n’ai pas encore présenté beaucoup ce que je fais, ni sorti mon disque. » La chanteuse n’a, pour le moment, pas trouvé ceux avec qui elle voudrait avancer et se dit « peut-être un peu trop perfectionniste. » Malgré cette période où les concerts se reportent les uns après les autres, les dates continuent de s’accumuler pour la tournée de Laurent Voulzy. La reprise de celle-ci devrait se faire en septembre. 


Mais Naomi Greene, nous en dit un petit peu plus : « Je fais quelques collaborations, mais j’en dirais plus quand ça sera abouti. » Et bien, de quoi nous mettre l’eau à la bouche…


En attendant, Naomi Greene explique son propre rapport au temps. « J’ai toujours trouvé que le temps passait à la fois extrêmement lentement et extrêmement vite. {…} Le temps nous dépasse. On ne pourra jamais gagner cette course-là. » Si on ne peut pas se battre contre, autant apprendre à l’apprécier… 


Retrouvez le travail de Naomi Greene sur son site.



Crédits photos : 1. Clifford John Usher (LA) / 2. Cara Friedman / 3. Sangli Li - Artmédia

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