• Nolwenn Le Deuc

Présentéisme : le temps de trop

Fléau pour les salariés et les entreprises, le présentéisme est toujours d’actualité en France. Rester pour se faire bien voir, travail contre-productif, source de mal-être… Le temps passé au travail n’est pas le reflet de la qualité.


Le « travailler plus, pour gagner plus » est ancré en France. Le mot « présentéisme » ne vous parle pas ? Mais… vous est-il déjà arrivé de grappiller quelques heures en plus au boulot pour prouver la qualité de votre travail ? Passer plus de temps sur les réseaux sociaux que sur le dossier en cours ? Ou pire, de vous rendre au bureau en étant malade ? Si oui, vous avez été (êtes ?) victime de présentéisme. Si non, on vous souhaite que ça dure. 



Présentéisme stratégique, contemplatif ou même surprésentéisme… Attention tout de même à ne pas généraliser. Ces dernières années, des métiers axés sur le bien-être se développent, comme la kinésiologie ou encore l’art-thérapie. Ils jouent également sur la qualité du travail.



Les causes du présentéisme


Le facteur numéro 1 du présentéisme est bien sûr : l’envie de se faire bien voir. Passer la majeure partie de son temps au bureau « prouve » la motivation d’un employé : présentéisme stratégique. Comme son nom l’indique, il est exercé dans le but d’avoir un retour, comme une prime, les jours de repos de notre choix, etc. Et d’un point de vue inverse, 1 personne sur 4 serait gênée d’arriver au bureau en dernier, selon le sondage de Glassdoor. 30 % voit d’un mauvais œil le départ d’un collègue avant 18 h.


Mais finalement, pourquoi ? Un travail qui nécessite 3 heures de travail n’a pas besoin d’être fait en 5 heures. Très souvent, ce temps de trop est occupé par les réseaux sociaux ou les jeux en ligne. Ça ne serait quand même pas mieux de quitter le bureau à l’heure et profiter d’un bon repas entre amis ?


Le présentéisme est aussi signe d’une perte de motivation, de tensions entre collègues ou même de problèmes personnels. Le moral joue sur notre travail : c'est le présentéisme contemplatif. Il peut aussi être lié à l’individualisme. Ne pas se sentir écouté ni même soutenu peut avoir de grandes conséquences.


Le surprésentéisme n’est pas à négliger. Selon une étude de Malakoff Médéric, 28 % des arrêts maladie prescrits en France en 2019 n’ont pas été respectés. Aller travailler tout en étant malade, de la folie pour certains, un signe de bravoure pour d’autres. Parmi les personnes sondées, 39 % expliquent que c’est pour "ne pas se laisser aller"


En cette période exceptionnelle, gare à ne pas se laisser prendre au piège du présentéisme. Le télétravail a le pouvoir d’aggraver la situation. Sans horaires fixes et dans le même lieu toute la journée, la frontière entre vie privée et professionnelle peut vite devenir floue.





Des conséquences pour le salarié ET l’entreprise


Si toutes ces raisons sont utilisées dans l’unique but de se faire bien voir par ses collègues de bureau et son patron, le présentéisme présente plus d’aspects négatifs que de positifs… 


Bien évidemment, ce phénomène joue sur le bien-être de l’employé. Une personne malade, qui se rend tout de même au travail, prend le risque d’aggraver sa situation, mais aussi d’entraîner ses collègues avec elle. Côté horaires à rallonge, le salarié peut très vite se retrouver surmené. Ce qui aura pour conséquence : du stress, des tensions avec son entourage, une perte de confiance, et pire encore, un burn-out ou une dépression. 


Mais le présentéisme devrait aussi être la préoccupation des entreprises. Un manque de productivité est synonyme de perte tout court. Pour tous, il semble logique que le manque d’attention entraîne des erreurs, et que celles-ci peuvent causer de gros dommages. Pour les spécialistes, le baromètre de Midori a estimé que le présentéisme coûte entre 14 et 24 milliards d’euros par an en France. Un gros chiffre, vous ne trouvez pas ?



Les solutions contre le présentéisme 


Ce phénomène est un cercle vicieux : le mal-être des salariés engendre une ambiance négative au sein de l’entreprise, et cause encore plus de mal-être. Il faut sortir de ce schéma, et essayer de limiter la pression et le stress. 

Pour ça, rien de plus simple que : l’écoute. Il n’y a pas de secret. Un salarié qui se sent soutenu est un salarié heureux. Il faut également être à l’écoute de ses besoins et prendre le temps. Bon nombre d’entreprises mettent en place des sessions de relaxation, de sophrologie ou encore de yoga. Ces activités, à cheval entre temps de travail et temps perso, permettent de se détendre entre collègues et de penser à son bien-être


Alors prenons exemple sur nos voisins allemands : quitter le bureau tard le soir est signe d’une mauvaise organisation.




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