Quel avenir pour la consigne ?

Après un ralentissement du phénomène pendant la pandémie, le système de consigne est de plus en plus envisagé pour lutter contre la production de déchets. Les services de livraison à domicile et les cosmétiques, gros producteurs de déchets cartons et plastiques, sont particulièrement concernés par ces changements.


Définie par l’ONG Zero Waste France, la consigne est "un système dans lequel une petite somme d’argent, la consigne, est appliquée à une bouteille qui, après usage, est ramenée par le consommateur pour être déconsignée – afin de récupérer cette somme – dans le but d’être réutilisée, remplie à nouveau". Cette pratique très répandue en France jusque dans les années 90 voit sa fin arrivée lors de l’adoption du dispositif “responsabilité élargie du producteur”, devenue trop chère et contraignante pour les producteurs. Mais aujourd’hui, le système de consigne apparait comme étant la solution pour lutter contre les déchets. En effet, dans sa feuille de route pour l’économie circulaire, le gouvernement tente de remettre la consigne au goût du jour afin de relancer des réflexes de non-déchets et de non-gaspillage. Dans un sondage par l’InfoDurable, les lecteurs sont 97% à être favorable au système de la consigne en changeant nos habitudes, 2% pensent que ça serait trop compliqué et 1% pensent que ce système est une utopie.


Le gouvernement s’attaque aux déchets des repas livrés


Avec 200 millions de repas livrés en 2019, le ministère de la Transition écologique estime à 600 millions le nombre d’emballages à usage unique utilisés par cette industrie en 2019. Il apparait donc nécessaire de changer le mode de transport de ces repas. En février 2021, 19 acteurs – Uber eats, Deliveroo, Frichti, Metro… - de ce secteur ont signé la charte d’engagement du ministère de la transition écologique afin de réduire les déchets d’emballages à usage unique et tenter de lancer un système de consigne sur les plateformes.

Ce système de consigne peut être rendu possible grâce à des organismes tels que Pyxo : une société proposant des contenants réutilisables et éco conçus dans le Jura. Ces contenants sont disponibles à l’achat ou à la location et respectent les normes de la restauration rapide. La société propose en plus un service digital permettant de relier les restaurants entre eux, permettant de prendre son repas dans une boîte près de son entreprise et le retourner dans un restaurant près de son domicile. Pyxo n’est qu’un exemple parmi tant d’autres apportant des solutions pour mettre en place des consignes en restaurant. En Île-de-France, par exemple, les enseignes Franprix ont décidé de s’associer à MyGreenGo pour réduire leur impact environnemental en proposant des services de consigne pour deux de leurs produits phares: le poulet-pommes de terre et leur bar à salade.

La cosmétique à l’assaut de la consigne


Étant l’une des industries les plus polluantes, la cosmétique est sous le feu des radars depuis déjà quelques années, et certaines initiatives voient le jour comme Cozie, une marque qui propose des soins pour la peau et les cheveux en consigne. Il suffit juste de renvoyer les contenants avec un bon de retour. Compte tenu des problèmes sanitaires, la consigne n’est pas toujours possible en cosmétique. Pour cela, certaines grandes marques comme Dior n’hésitent pas à proposer des recharges, permettant de vendre le produit dans moins d’emballages plastiques. A l’étranger, des marques s’y sont mis depuis déjà un certain temps, comme dans la cosmétique coréenne où de nombreux produits sont rechargeables.


Le système de consigne semble être relancé en France; reste maintenant à savoir si ces efforts seront suffisants pour atteindre les objectifs du gouvernement de passer à 10% des emballages reemployés d’ici 2027.



Crédit photo 2 : Circumference NY