• Cassandre Tibermont

Vers un exode urbain ?


La fin du confinement booste les citadins qui ont besoin de revenir à l’essentiel, et profiter d’un environnement verdoyant et un mode de vie plus slow. Ils mettent le cap sur la campagne, avec au programme maison calme et espaces verts à foison. Entre tendance et réelle prise de conscience, pourquoi certains urbains choisissent-ils de quitter la ville ? 




Prise de Conscience 


Le confinement a fait prendre conscience à de nombreux citadins que vivre dans le stress des grandes villes et un brouhaha permanent n'était pas fait pour eux. Cette crise sanitaire a pu les aider à se recentrer sur eux mêmes, et réfléchir à leur mode de vie. À l'heure où le métro, boulot, dodo reprend peu à peu sa place, les urbains ont besoin de revenir à l’essentiel et d’adopter un mode de vie plus au ralenti et plus vert. Depuis quelques années, la campagne n’était pas “tendance” ; aujourd’hui elle est prise d'assaut par ces habitants des grandes métropoles qui n'en peuvent plus de la ville. 




Pourquoi la nouvelle génération active décide-t-elle ou rêve-t-elle de quitter la ville ? 


Certain citadins, mais surtout la nouvelle génération, n’y arrivent plus ! Entre l’appartement à payer, embouteillages, transports bondés et heures de travail qui n’en finissent jamais, ces jeunes n’en voient plus le bout !

C’est le cas de Candice et son mari François, qui depuis le déconfinement, ont tout plaqué et troquent leurs 40 m2 parisiens pour une maison calme avec un grand jardin dans le sud de la France. Après avoir goûté à la vie parisienne sans pollution, embouteillages ou encore sans travaux, il est impensable de revenir à leur vie d’avant ! Emilien, infirmier à l'hôpital de Lariboisière, pense “sérieusement quitter Paris au plus vite et pouvoir rentrer chez lui à pied ou à vélo après son travail.” D’autres, comme Juliette, 25 ans, qui “n’en peut plus de son 15 m2 dans le 13e arrondissement de Paris” retournent vivre dans la maison de famille depuis le déconfinement, et veulent y rester le plus longtemps possible. 



Le critère professionnel s’ajoute également à celui de l’environnement, puisque certains quittent la ville pour changer de profession. C’est le cas d'Olivier 31 ans, cadre dans l’informatique, qui suite au télétravail qu’il trouvait “ trop solitaire et stressant ” à décidé de changer de vie pour s’installer dans le nord de la France avec sa femme, pour y élever des ânesses et faire des cosmétiques bio et made in France.



La nouvelle génération veut rajeunir nos villages


De plus en plus, les millennials ont besoin d’air frais mais aussi de dynamisme. Leur objectif en quittant la ville est certes, d’adopter un mode de vie plus slow, mais aussi ne pas se retrouver seul. Alors parfois, ils partent à plusieurs !


C’est dans la Creuse que commence l’histoire de deux amis parisiens, déterminés à changer de vie mais aussi redynamiser la région de leur enfance. Dans un premier temps, leur but était de revaloriser les petits agriculteurs qui produisent 70 % de la nourriture mondiale. Pour eux, les jeunes sont aujourd’hui un facteur très important sur le marché de l’agriculture, puisqu’il ne seraient pas uniquement des agriculteurs, mais aussi des entrepreneurs ! Avec des études universitaires à leur actif, les jeunes ont la capacité de réunir les deux mondes dont ils sont parfois issus : le rural et l’urbain. Depuis leur arrivée il y a quelques années, ils confient que leur message est arrivé jusqu'à la ville, puisque de plus en plus de jeunes s’installent en Creuse, et souvent pour se reconvertir en agriculteurs-entrepreneurs !

Rajeunir les villages un peu oubliés, revenir à une micro-économie beaucoup plus locale, c’est également le doux rêves de certains “décroissants”. Arnaud, un trentenaire parisiens aux origines normandes partage ce point de vue : “Avant, pour qu’un village vive, il suffisait que chaque métier y soit représenté. Un médecin, un boulanger, un primeur, des instituteurs… chacun remplissait son rôle, l’agent circulait et les gens n’avaient pas forcément besoin de plus.”. Il caresse l’espoir de revenir à ce mode de fonctionnement plus simple, et de voir les villages normands se repeupler de jeunes.





Les villes plus vertes inspirent les jeunes...


Les villes vertes inspirent nos jeunes ! Après plus d’un mois de déconfinement, les citadins retrouvent peu à peu leur liberté, les parcs et pistes cyclables ont d’ailleurs la cote ces derniers temps. Depuis des années, les citadins français, adeptes des transports en commun, tournaient le dos à la marche à pied ou encore au vélo. Aujourd’hui, de plus en plus de personnes troquent les transports en commun pour des moyens de transports plus écolos. C’est le cas d'Alice, étudiante en commerce qui, depuis le déconfinement profite des nouvelles pistes cyclables tout les jours pour se rendre à son stage. Elle nous confie que depuis, elle a moins peur d’arriver en retard à cause d’un métro bloqué, et est plus détendue pour sa journée.


Dans cette lancée, la ville de Paris aménage ses espaces et lance une stratégie écologique post-confinement avec l’aide de Paul Lecroart, urbaniste à l’Institut Paris Région. La capitale souhaite créer un nouveau réseau express régional vélo provisoire, notamment sur les grandes voies parisiennes et départementales mais aussi interdépartementales. Cette décision pourrait être vite étendue à la plupart des routes à 2x2 voies, en créant une file de circulation dans chaque sens pour les vélos. Pour favoriser la marche à pied et éviter au maximum de prendre la voiture, la priorité pour Paris est d’élargir les trottoirs trop étroits et réorganiser, voire interdire, le stationnement. Depuis le confinement, la maire de Paris, Anne Hidalgo, avait créé temporairement des pistes cyclables qu’elle veut préserver, puisque aujourd'hui selon elle, ces pistes sont presque plus remplies que les routes.


D’autres aménagements urbains sont d’actualité, comme l’ouverture le 1er juillet d’une grande ferme urbaine. Niché sur un des toits du Parc des Expositions dans le XVe arrondissement, elle propose

14 000 mètres carré de potager, pouvant être loué aux Parisiens souhaitant cultiver leur propre fruits et légumes !


Alors réel exode urbain ou tendance furtive ? Affaire à suivre...




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